OCÉANIE

L’autre film de Charles Belmont en Nouvelle-Calédonie, par Culturopoing

« Corps dansant, corps sculptés, corps tatoués et malaxés, Océanie rend également hommage à la sensualité, une ode à la volupté. « 

 

 https://www.culturopoing.com/cinema/sorties-dvdblu-ray/charles-belmont-oceanie/20190322

En 2015, Culturopoing découvre Charles Belmont

Le rédacteur William Lurson s’installe au cinéma La Clef par pure curiosité à l’ouverture du Panorama Belmont, L’Éclaireur et reste scotché à toutes les séances, film+débat+ cocktail (parfois). Voici son article (qui sera suivi de quatre entretiens avec Marielle Issartel)

 http://www.culturopoing.com/cinema/dossiers-hommages-cinema/retrospective-charles-belmont-un-parcours-en-7-films/20150417

L’Écume des Jours – Le Débat

Le débat, projection du 11 avril 2015 dans le cadre du Panorama Charles Belmont, L’Éclaireurau cinéma La Clef à Paris.

Ce qui importe le plus dans L’Écume des Jours, ce n’est pas que Charles Belmont ait gardé l’esprit du livre de Vian, mais qu’il en ait gardé le cœur.

Jacques Prévert

Débat animé par Nicolas Tarchiani du cinéma La Clef, avec Annie Buron (rôle de Chloé), Alexandra Stewart (rôle d’Isis), André Michelin (producteur), Christelle Gonzalo et François Roulmann (responsables de l’édition critique de l’œuvre littéraire de Boris Vian en Pléiade), Monique Armelle Renault (réalisatrice du générique) Marielle Issartel (compagne de Charles Belmont, assistante au montage de L’Écume des Jours).

André MICHELIN – À l’époque, personne n’avait envie de produire ce film. En plus, je l’ai produit avec un metteur en scène qui n’avait jamais fait de long métrage, et qui n’avait fait qu’un court métrage, Un Fratricide , que j’avais déjà produit.

L’aventure avec Charles, c’était ou tout, ou rien. Je l’ai rencontré sur un tournage, un film que j’ai produit également, d’Henri Decoin, avec Eddie Constantine, qui était tout à fait autre chose. J’ai compris que c’était un type tout à fait absolu, passionné,

Quand le cinéma fait de l’histoire : Les Médiateurs du Pacifique, de Charles Belmont.

En accès libre !

Voulez-vous être indépendants de la France ? C’est la question posée par le deuxième référendum d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie du 4 octobre 2020.

Le NON à l’indépendance est sorti vainqueur avec plus de 53% des voix, mais en recul par rapport à celui du 4 novembre 2018, où le NON avait fait 56,4. Le troisième et dernier référendum prévu par les accords de Nouméa de 1998 doit avoir lieu dans les deux ans, mais les partisans du Non commencent à froncer le nez.

Pourquoi Ursula Kubler-Vian a choisi Belmont…

 

… Et ce n’est pas forcément pour les raisons qu’on aurait pu imaginer !

 » Une fois que j’ai vu le personnage, sa personnalité, sa façon d’être… son extrême honnêteté… »

Ursula Kubler-Vian explique dans cet entretien pourquoi elle a accepté que Charles Belmont adapte librement L’Écume des Jours (elle avait refusé d’autres adaptations). Charles Belmont s’exprime lui aussi, ainsi que le producteur André Michelin. Toutes ces paroles sont bien élégantes. Avec des extraits du tournage inédits sur la scène dite : Bonjour M. Courbet !

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Annie Buron interprète Chloé. Photo de tournage

Pour voir ce reportage de 1967 cliquez sur le lien ci-dessous.

https://notrehistoire.ch/entries/aZnYJ94KWok

 

2020, c’est l’année Vian ! L’Abbaye de Royaumont la fête par une exposition, un concert, et une projection de L’Écume des jours de Charles Belmont.

À cette occasion, on rembobine jusqu’en 2014, avec un entretien de Pascal Le Duff pour le site Critique-film.fr

 

 

L’Écume des jours de Charles Belmont, entretien avec Marielle Issartel

 

16 mars 2014

Le 15 mai 2011, le comédien et réalisateur Charles Belmont disparaissait à l’âge de 75 ans. Deux ans après son décès, il est utile de rappeler qu’il fut le premier à adapter – très librement – L’écume des jours de Boris Vian. Un joli long-métrage poétique et charmant, délicieusement musical, avec une grâce visuelle et une légèreté de ton et de rythme qui n’empêchent pas une belle mélancolie dont certains seraient avisés de s’inspirer. On attend toujours (impatiemment) sa sortie en DVD et bluray…

Merci à Marielle Issartel, qui fut la compagne du réalisateur et sa monteuse et principale collaboratrice pendant plus de quarante ans de m’avoir accordé ce long entretien.

Charles Belmont et Bernadette Lafont dans Les Godelureaux
Charles Belmont et Bernadette Lafont dans Les Godelureaux

L’Écume des Jours, un bijou de 1968

PAR JEAN-JACQUES BIRGÉ, musicien

Si la version de Michel Gondry sortie en 2013 est à oublier séance tenante, il est merveilleux de retrouver L’écume des jours adapté au cinéma par Charles Belmont en 1968. Boris Vian avait 26 ans lorsqu’il écrivit L’écume des jours en 1946. Vingt ans plus tard, c’est bien un film zazou que porte cette équipe de jeunes comédiens et techniciens…

Si la version de Michel Gondry sortie en 2013 est à oublier séance tenante, il est merveilleux de retrouver L’écume des jours adapté au cinéma par Charles Belmont en 1968. Bonne année, bon cru, mais le 20 mars n’était pas forcément une bonne date pour remplir les salles alors que deux jours plus tard la marmite commençait à bouillir à Nanterre. Le film est moins dépressif que le roman de Boris Vian, mais il en a conservé l’incroyable fantaisie. Plus que l’intrigue, donc le texte, c’est le contexte qui m’emballe. Les décors merveilleusement inventifs d’Agostino Pace ressemblent à ce que va devenir l’art moderne des années 70. La fraîcheur des comédiens rend le soufflet léger tel le mobilier gonflable et l’eau qui ruisselle, fut-elle mortelle. Jacques Perrin, Marie-France Pisier, Sami Frey, Annie Buron, Bernard Fresson, Alexandra Stewart sont des bulles de savon. On est aussi toujours content de voir Claude Piéplu ou d’entendre la voix de Delphine Seyrig. La bande-son fait partie du bonheur. André Hodeir a composé une partition jazz qui ne swingue pas plus que d’habitude, mais c’est ce qui fait son charme, droite, pimpante, pleine d’imagination, étonnante, et Pïerre Henry a sonorisé les machines avec ses bruits électroniques.

Boris Vian n’a pas eu beaucoup de chance avec le cinéma, sauf une fois

Chick, un temps pour mourir...

L’Écume des jours, de Charles Belmont, est effectivement une rencontre magique entre deux hommes qui ne se sont pas connus.

Michèle Levieux. L’humanité. 23 juin 2020

L’écrivain mythique auprès de la jeunesse, Boris Vian, n’aura jamais connu le film le plus purement en correspondance avec son œuvre : l’Écume des jours, tourné par Charles Belmont en 1967, et dont le DVD sort enfin ! 

Boris Vian aimait le cinéma, mais le cinéma ne l’aimait pas toujours. L’événement le plus funeste restera sa mort dans une salle de projection de la rue Marbeuf à Paris, le 23 juin 1959. Et pourtant, vingt ans après la sortie de l’Écume des jours chez Gallimard sans grand succès, lorsque Charles Belmont, un réalisateur d’une trentaine d’années dont c’était le premier long métrage, se lance avec témérité et détermination dans l’adaptation de ce roman apparemment irréalisable au cinéma, l’affaire est réussie. Mais ce film d’une fraîcheur et d’un érotisme inouïs, réalisé par une équipe jeune et interprété par des acteurs jeunes (Marie-France Pisier, Sami Frey, Alexandra Stewart, Jacques Perrin, Bernard Fresson), sorti en avril 1968 alors que la jeunesse découvrait depuis quelque temps l’œuvre de Boris Vian, n’a pas attiré le public.

L’Écume des jours est un conte de fées distordu.


Aujourd’hui, nous nous rendons compte que ce que nous avons aimé dans le roman de Boris Vian est dans le film de Charles Belmont : l’atmosphère, les couleurs, les costumes, les amours de jeunesse. Charles Belmont a vraiment capté l’esprit de Boris Vian et les deux œuvres nous laissent toujours dans un étrange état de souffrance.

Cliquer ici pour lire l’article et l’interview de Christelle Gonzalo sur le site de l’Humanité

Le regard fantasque et coloré de Charles Belmont sur « L’Ecume des jours »

Réalisée en 1968, l’adaptation de l’œuvre de Boris Vian est portée par un beau casting où figurent Marie-France Pisier, Annie Buron, Sami Frey et Jacques Perrin.

Au registre des romans réputés inadaptables, L’Ecume des jours (1947), de Boris Vian, figure en bonne position, avec son imaginaire débordant, son univers polymorphe, ses jeux de langage remodelant la réalité, ses clins d’œil au Paris existentialiste. Si Michel Gondry s’y était essayé en 2013 en s’appuyant sur l’artillerie lourde des effets spéciaux contemporains, on oublie généralement qu’une autre version, plus légère, plus artisanale, l’avait précédé en 1968, au moment où, presque une décennie après la mort de Vian, le texte réveillait un engouement tardif. Les éditions L’Eclaireur ont eu la bonne idée de sortir une copie DVD restaurée de ce film fantasque et coloré devenu avec le temps quasiment introuvable