B comme… Charles Belmont

Un article de Lucien Logette pour le site de VOD UniversCiné B comme… Charles Belmont C’est comme acteur qu’il débute, à l’orée des années 60, sous la direction de réalisateurs de la Nouvelle Vague (Claude Chabrol, Jean-Pierre Mocky) et de la vague qui se retirait (Henri Decoin)… En 1968, pour sa première réalisation, il ose ce que personne n’avait osé : tourner L’Écume des jours, au moment où la légende autour de Boris Vian était déjà bien établie. Le film, présenté quelques semaines avant mai 68, n’eut guère d’écho et fut fraîchement accueilli par les vianolâtres, criant à la trahison. Une nouvelle sortie, trente ans plus tard, a pourtant prouvé l’intelligence de son adaptation et la justesse des comédiens utilisés (Sami Frey, Marie-France Pisier, Jacques Perrin). Rak (1972), très émouvante évocation de la mort de sa mère, recréée par Lila Kedrova, fut suivi d’Histoires d’A (1973, cosigné par Marielle Issartel), documentaire sur l’avortement, immédiatement interdit et qui fut longtemps l’objet de projections militantes. Le sujet de Pour Clémence (1976), un ingénieur qui plonge dramatiquement dans le chômage, vint trop tôt, dans une période où le problème ne se posait encore pas : le film, prémonitoire et dérangeant, fut un échec immérité….

Belmont, Charles (1936-2011)

Une vie, une œuvre

 

par Lucien Logette
Jeune Cinéma n°338-339, été 2011

’il n’apparaît pas au générique des Bonnes Femmes, que Chabrol tourna en 1959, les amateurs avaient cependant repéré sa silhouette et son visage, que Les Godelureaux, du même Chabrol, allaient mettre en valeur l’année suivante de façon autrement nette.

Beau jeune homme, propre sur lui, l’allure bien adaptée aux personnages de la Nouvelle Vague, Charles Belmont aurait pu continuer une carrière d’acteur bien balisée, à l’image de ses contemporains Jacques Perrin ou Sami Frey. Un passage chez Jean-Pierre Mocky, dans Les Vierges et un autre chez Henri Decoin, dans son ultime Nick Carter va tout casser (1964), et il abandonne ce côté des sunlights pour passer à la réalisation – Un fratricide, court métrage (1967) inconnu de nos services.

Il ose ensuite l’impensable, adapter L’Écume des jours. (1)

Présentation du site

Je m’appelle Marielle Issartel et j’ai créé ce site pour faire connaître et vivre l’œuvre du cinéaste Charles Belmont (1936-2011). Il est un cinéaste important et singulier, à redécouvrir de l’avis de nombreux cinéphiles.

 Une des grandes chances de ma vie est d’avoir exercé pendant des décennies un métier que j’aimais, ludique, émotionnel et intellectuel : le montage. Et une chance majuscule fut mon compagnonnage professionnel et amoureux, au long cours, avec ce créateur que j’admirais, et avec qui je collaborais toujours au montage, parfois à l’écriture ou à la réalisation. Charles Belmont se focalisait sur le nouveau film à faire et ne se préoccupait pas de son œuvre passée. Je prend le flambeau ! Ici ses huit films seront mis en valeur, je l’espère, depuis leur naissance jusqu’à leur ressortie et l’édition DVD de la Collection Charles Belmont.

Pour en savoir plus sur ma démarche : https://www.culturopoing.com/cinema/entretiens-cinema/marielle-issartel-du-montage-a-ledition-dvd/20190322

Bande annonce de L’Écume des Jours, le film

Le DVD de L’Écume des Jours s’est fait attendre… … mais pour l’année du centenaire de la naissance de Boris Vian, ce film se devait d’être visible. Les efforts de la bande des quatre ont réussi à convaincre StudioCanal, qui en détient les droits, au doux son des espèces trébuchantes.

C’est ainsi que François Roulmann et Christelle Gonzalo, deux spécialistes de Boris Vian reconnus, ont lancé la machine avant Noël, que Marielle Issartel et Francis Lecomte l’ont alimentée, que le confinement n’a pu l’arrêter et que le 10 juin 2020 paraissait le joli bébé. Tant de gens le réclamaient depuis longtemps qu’il se vend ma foi, pas mal du tout !

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